Maladie de Kawasaki et coronavirus, Necker fait le lien

Maladie de kawasaki et coronavirus, Necker fait le lien
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Depuis plusieurs jours, le nombre anormal d’enfants atteints d’un syndrome proche de la maladie de Kawasaki inquiète les médecins. Alors qu’en temps normal il y a, en moyenne, moins d’un cas par mois d’enfant hospitalisé à cause de cette maladie (connue depuis 1967), l’hôpital Necker a accueilli depuis le 15 avril, déjà plus de 20 enfants présentant des symptômes similaires à ceux de Kawasaki. Bien que fortement soupçonné, le lien entre cette maladie et la Covid-19 n’était pas avéré. Mais voilà, depuis le 29 avril, l’hôpital Necker confirme qu’il y a bel et bien un lien entre le coronavirus et la maladie de Kawasaki.

La maladie de Kawasaki présente des symptômes proches de ceux de la Covid-19

En France, comme dans plusieurs pays d’Europe, le nombre d’enfants hospitalisés présentant des symptômes similaires à ceux du syndrome de Kawasaki a explosé. En effet, de moins d’1 cas par mois habituellement, nous sommes passés en moins de deux semaines, à plus de 20 hospitalisations d’enfants âgés de 3 à 17 ans.

Bien qu’ayant développé une forme incomplète de la maladie de Kawasaki, tous les enfants malades présentaient les mêmes symptômes. Parmi les premiers signes, certains rappellent d’ailleurs ceux du nouveau coronavirus.

  • De la fièvre pendant plus de 5 jours
  • Des troubles digestifs
  • Des douleurs abdominales
  • Des lèvres craquelées
  • Des éruptions cutanées qui ne durent pas dans le temps
  • Une inflammation des vaisseaux sanguins
  • L’apparition de ganglions
  • Une défaillance cardiaque

Pour le moment, cette forme de la maladie n’a pas fait de victimes chez les enfants. Toutefois, la prudence reste de mise.

«Ils ont presque tous eu besoin d’un support par médicaments pour aider la fonction cardiaque et pour normaliser la pression artérielle, a précisé Sylvain Renolleau. Jusqu’à ce jour, ils ont tous évolué favorablement en trois à quatre jours de soins en réanimation, avec pour l’heure une restitution complète de la fonction cardiaque, même si le délai de surveillance est pour l’instant court.»

Pr Sylvain Renolleau chef de service au Service de Réanimation et surveillance continue médicochirurgicales Hôpital Necker-Enfants Malades

Des tests qui prouvent le lien entre la sars-covid-2 et le syndrome inflammatoire

Depuis fin avril, et au vu des résultats obtenus par les tests effectués sur les enfants ayant été hospitalisés, l’hôpital Necker a établi le lien entre la Covid-19 et le syndrome inflammatoire proche de la maladie de Kawasaki.

Afin de prouver que les enfants ont été en contact avec le nouveau coronavirus, des tests virologiques et sérologiques ont été effectués. Ces derniers sont revenus positifs d’une façon ou d’une autre.

Les tests virologiques revenus positifs “faibles” prouvent que les enfants étaient en fin d’infection à la Covid-19. Les tests sérologiques revenus positifs, attestent de la présence d’anticorps, et donc qu’il s’agit d’enfant ayant déjà contracté le coronavirus quelques semaines plus tôt.

«Ce qu’on comprend de la temporalité de l’arrivée de ces enfants, de façon différée par rapport au début de l’épidémie chez l’adulte, c’est qu’il s’agit probablement d’une maladie post-infectieuse, de mécanismes d’immunologie qui suivent l’infection à Covid 19»

Damien Bonnet, chef du service de cardiologie médicale pédiatrique de Necker. 

Ces résultats publiés par l’hôpital Necker prouvent ainsi qu’il y a bien un lien entre la Covid-19 et le développement d’un syndrome inflammatoire, se rapprochant d’une forme incomplète de la maladie de Kawasaki.

Alors que la réouverture des écoles est prévue dans une dizaine de jours, cette forme de la maladie inquiète vivement le corps médical qui, lors de la conférence de presse du 29 avril, a tiré la sonnette d’alarme.

En effet, bien que la maladie n’ait pour le moment pas fait de victimes chez les plus jeunes, elle nous prouve tout de même que les enfants sont eux aussi touchés par le coronavirus, et qu’ils peuvent donc également en être porteurs. Il est donc légitime de s’interroger sur les conséquences de la réouverture des établissements scolaires sur la propagation du virus.

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